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Une seconde grossesse

J'ai voulu avoir un second enfant très rapidement, et après rendez-vous chez ma généticienne, je suis tombée enceinte deux mois après.

 

Pour être plus concrète et plus explicative, je suis porteuse saine de la maladie de Menkès, c'est à dire que c'est par ma faute si Bastien est tombé malade. Je trouve ma dernière phrase terriblement lourde et pesante, mais pourtant c'est bien le cas.

 

Quand j'ai su que Bastien était malade la généticienne qui nous suivait m'a proposé de faire une prise de sang pour savoir si j'étais porteuse de la maladie, ce que j'ai fait.

Les femmes ne déclarent pas la maladie. Par contre elle peuvent transmettre la maladie aux garçons, ou pas.  Un coup de chance, ou de mal chance. Tout dépend de comment on voit la chose.

 

Nous avions aussi le choix de passer  par la fécondation in vitro, avec sélection des embryons sains, mais lorsque la généticienne nous a dit qu'il y avait au moins dix huit mois d'attente nous avons refusé. J'étais trop impatiente pour attendre si longtemps.

 

Du coup, pour une seconde grossesse, tout est un peu plus compliqué. Je m'explique. 

Dès que j'ai su que j'étais enceinte, il a fallu que je passe une échographie de datation pour savoir à combien de semaines exactes j'étais enceinte. Après cela, il a fallu attendre 10 semaines de grossesse pour savoir le sexe du bébé. Comment font ils ? Par une simple prise de sang. Moi même je ne pensais pas cela possible. Mais 10 semaines c'est long. Très long. Je ne voulais pas m'attacher à ce "potentiel futur bébé". Merci de ne pas me juger, mais si ce "futur" bébé était atteint par la maladie de Menkès, je ne l'aurai pas gardé.

 

Donc je ne voulais pas m'attacher à ce bébé (je sais je me répète mais c'est important pour moi que vous compreniez), mais pourtant vous vomissez tous les jours. Sans exception. Dans ma tête je voulais prendre du recul, et me dire que je n'étais pas enceinte, mais tout à l'intérieur de moi me le criait. La perte d'appétit, les nausées, les vomissements, la fatigue. Les 10 semaines sont arrivées lentement, mais ont fini par arriver quand même. Et j'ai fait ma prise de sang. J'ai su dans la semaine que j'attendais un petit garçon. Donc les examens ont continué.

Il faut savoir que  dans le cas où j'aurai attendu une fille, les examens ce seraient arrêtés là.

La généticienne m'a donc appelée un vendredi pour me dire que j'attendais un petit garçon. Le lundi qui suivait j'avais, par la force des choses, rendez-vous à l'hôpital Purpan pour une biopsie du trophoblaste.

Soit pour faire plus simple, (excusez moi mais je ne suis pas médecin) une biopsie du placenta. Attention à ne pas confondre avec une amniocentèse. 

 

L'examen en lui-même n'est pas agréable, et fait parfois mal. Je préfère être franche avec vous. Je ne pense pas être une personne douillette, mais oui, j'ai eu mal. La biopsie se déroule dans une salle stérile, ou vous êtes entourés de sages femmes et d'un médecin. Je pensais que j'aurai eu droit à une petite anesthésie locale, mais non, rien. En fait, j'étais surtout très stressée. Stressée de l'examen en lui même, mais surtout du résultat.

La sage femme a d'abord effectué une échographie pour voir où se situait le placenta, et c'est à ce moment précis ou je l'ai vu. Il n'avait que 10 semaines mais je devinais parfaitement sa tête, ses bras, ses jambes, et il flottait tout en poussant avec ses pieds. Je le trouvais dynamique et à cet instant précis, j'ai supplié à mon propre corps que cet enfant soit en bonne santé. J'espérais du fond du coeur que tout aille bien. Et je pensais à Bastien. Je me disais que lui vivait des choses bien pire qu'une "simple" biopsie. Et jusqu'à la fin je n'ai pensé qu'à lui.

 

C'est mon père qui m'avait accompagné. Durant l'examen il est resté dans la salle d'attente. Lorsque je suis revenue, au bout d'une demi heure, trois quart d'heure, j'ai trouvé le chemin qui nous menait jusqu'à la voiture interminable. J'étais épuisée. Le stress sûrement. Je me souviens que ma mère m'a appelé pour savoir comment s'était déroulé l'examen, et je me souviens aussi m'être sentie mal, comme si j'allais tomber dans les pommes. Mais je n'ai rien dit. Je ne voulais pas inquiéter mes parents et je suis arrivée tant bien que mal à la voiture.

 

La sage femme m'avait interdit de faire quoique ce soit. Je n'avais le droit de me lever que pour me laver, manger et aller aux toilettes afin d'éviter tout risque de complication ou de fausse couche. Je me rappelle aussi qu'elle m'avait signalé que je risquais de perdre un peu de sang, quelques gouttes, mais que si je perdrais trop il fallait que je revienne tout de suite à l'hôpital.

 

J'ai perdu une goutte. Mais je me rappelle que mon coeur a fait un bon dans ma poitrine lorsque je m'en suis rendue compte. J'ai eu aussi des tiraillement dans les bas ventre, comme si on me plantait une aiguille. Je pense que c'était à cet endroit que la biopsie avait été effectuée.

 

Je suis donc restée une semaine chez mes parents avec Bastien, parce que je ne pouvais pas le porter, et surtout parce qu'on m'avait ordonné de ne rien faire. La sage femme m'avait dit "de faire la princesse". Ce qui n'était pas du tout dans mon habitude.

 

C'était la semaine du 15 août et je me suis dit que les résultats ne tomberaient qu'en début de la semaine suivante. Mais le vendredi je reçus un coup de téléphone de la généticienne. C'était mon choix de recevoir les résultats par téléphone. Je ne me voyais pas prendre la voiture et angoisser tout le long du trajet.

Ma mère était à côté de moi quand la généticienne m'a appelé. Et je me souviens de ses mots "tout va bien". Je me rappelle lui avoir dit " Il n'y a pas de maladie de Menkès vous êtes sûre ?" et elle m'a certifié que mon petit garçon était en bonne santé. Et j'ai pleuré.


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Commentaires: 6
  • #1

    Maman (mardi, 07 novembre 2017 10:53)

    La vie n'est pas un long fleuve tranquille...Maman

  • #2

    Isa (jeudi, 09 novembre 2017 15:51)

    Magnifique �tu sais Marie ce que je pense de toi ..... TU es une maman courageuse et forte et chaque fois que je te voyais avec Ton petit Chevalier je me posais toujours la même Question ....,, comment j’aurais fait moi ??? Tu nous montrais tous les jours une Superbe leçon de vie et d Amour �

  • #3

    Marie (jeudi, 09 novembre 2017 15:56)

    Merci beaucoup isa ☺ ça m'a fait très plaisir
    Je t'embrasse fort ❤

  • #4

    coulon marilyne (vendredi, 10 novembre 2017 07:10)

    Tu es une maman formidable Merci de nous faire parager ton chemin que d'amour dans tes mots et de courage ❤��

  • #5

    Maria Gutierrez (mardi, 14 novembre 2017 07:38)

    Je vous souhaite beaucoup de courage et du bonheur à venir...

  • #6

    Mémé (mardi, 28 novembre 2017 20:50)

    Tu es une femme très courageuse et une maman formidable bisous

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