· 

"J'ai reconnu le bonheur au bruit qu'il a fait en partant" Jacques Prévert

Voilà une citation qui m'a fait beaucoup réfléchir. C'est ma maman qui me l'a trouvé en me disant il y a quelques jours : "tiens ! J'ai trouvé cette citation pour ton blog !"

 

Je me suis dit au départ que c'était parfait pour faire une dissertation, ou pour traiter un sujet de philo. Mais sans même aller aussi loin, cette citation en dit beaucoup sur ce que nous avons vécu.

 

Quand j'étais enceinte de Bastien, j'étais heureuse. Bon, ok, je n'étais pas hyper épanouïe, mais quand même. J'étais super heureuse d'attendre ce petit garçon. Quelle future maman ne l'aurait pas été d'ailleurs ?

Quand Bastien est né, j'aurais tout donné pour lui. J'étais heureuse. Je l'aimais et l'aime plus que tout (tout comme Hugo). Et quand un diagnostique tel que la maladie de Menkès vous tombe en plein fouet, autant vous dire que le bonheur descend à pleine vitesse, pour descendre à un point tellement bas que vous ignorez que cela pouvait exister.

 

Vous avez l'impression de creuser, toujours et encore plus, pensant qu'il y a un fond dans le fond. "Nous étions peut être trop heureux". 

Jamais de la vie on ne pensait vivre une telle épreuve. On se dit que ces choses là  n'arrivent qu'aux autres. Détrompez-vous.

 

On est passé par des phases très difficiles, en éprouvant une haine contre la vie, contre la maladie, et contre cette p***** d'épée de Damoclès qui a fini par s'abattre sur nous.

 

 

 

Mais le bonheur il était bien là, près de nous. Bastien était là, nous profitions pleinement de la vie et vivions au jour le jour en essayant de ne pas se préoccuper du lendemain. Nous mordions la vie à pleine dent, nous profitions à 1000 % de notre petit chevalier, nous dévorions tous ces instants magiques, nous avons échangé des millions de regards, des milliers de baisers, des milliards de câlins. C'était tout cela le bonheur.

Quand Bastien est parti, nous nous sommes jurés de continuer de vivre pour lui, et Hugo nous a poussé à le faire inconsciemment. De par son innocence d'enfant d'un an et demi, il nous a fait rire sans le vouloir par ses bêtises et par sa joie de vivre.

La vie est en dent de scie, le bonheur aussi.

Il a fallu réapprendre à vivre. 

Il est difficile de trouver le bonheur après un drame, et je dirai surtout après la perte d'un enfant. Difficile de ne pas culpabiliser à se surprendre à rire, ni culpabiliser parce que je me mettais du rouge à lèvre. Je suis sérieuse quand je dis ça. Limite au départ, je m'interdisais tous ces gestes si simples. Pourquoi essayer de continuer de vivre, d'être heureuse alors qu'il me manquera jusqu'à la fin de ma vie une partie de moi, une partie de ma chaire ?

 

Bastien n'aurait pas aimé me voir à me lamenter sur mon sort, à me voir malheureuse, ni à ne plus prendre soin de moi. Il a fallu de temps, et il m'en faudra encore. Peut être encore pendant plusieurs années, ou pour toujours...

 

Mais tout le monde a droit au bonheur.

 

Je m'égare un peu du sujet. 

 

Juste : Profiter de la vie à fond sans rien regretter, on ne vit qu'une fois.

Écrire commentaire

Commentaires: 3
  • #1

    Sébastien castex (mardi, 29 mai 2018 21:35)

    C'est très touchant, prends soin de toi, prends soin de vous.
    Lorsque j'avais lu le livre deux petits pieds sur le sable mouillé, ça m'avait retourné.
    Et la phrase quand tu ne peux pas rajouter de jours à la vie, rajoute de la vie aux jours
    M'avait fait relativiser ma vision du monde
    Et crois moi tu portes un feu que rien ne pourras jamais étouffer
    Tu es plus forte que tu ne le penses

  • #2

    Maman (mercredi, 30 mai 2018 07:55)

    Notre peine est toujours là et il aura toujours un manque dans notre vie Mais il faut avancer. Bisous ma grande.

  • #3

    Marilyne (mercredi, 30 mai 2018 15:14)

    Pour lui pour toi pour vous sois heureuse .....

Contact

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.