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Diabète gestationnel

Me revoilà après quelques mois d'absence avec un sujet qui fait parti de mon quotidien depuis exactement le 19 décembre 2018.

Un sujet qui me pèse et que je voulais clarifier.

Je préfère vous signaler dès le début qu'il s'agit de mon point de vue, et de la manière dont je perçois et ressens les choses.

A 24 semaines d'aménorrhée, j'ai fait le test du glucose. Les résultats ont été sans appel : je fais du diabète gestationnel.

Je n'en avais jamais fait auparavant, comme quoi, chaque grossesse est bien différente.

 

J'ai pris un coup au moral. Un gros coup même.

Les 3 premiers mois j'ai été malade, à  vomir 3 à 4 fois par jour, j'ai perdu 3 kilos.

Le seul mois où mes vomissements sont passés, j'ai repris ces 3 kilos que j'avais perdu.

Chose qui a mis la puce à l'oreille à mon obstétricienne. J'ai trop pris de poids en 1 mois.

 

En gros, sur cette grossesse, je n'ai pris du plaisir à manger que sur un mois, un mois et demi.

On peut croire que le diabète gestationnel, ce n'est pas grand chose. Qu'il suffit d'enlever tous les sucres rapides de notre alimentation pour être tranquille. Détrompez-vous !

 

Alors oui, tout ce qui est sucre rapide, c'est à enlever : sucre, miel, jus de fruits, gâteaux, viennoiseries... (sympa quand vous apprenez votre diabète au mois de décembre avant les fêtes de fin d'année). Enlever aussi tout les soit disant "bons" sucres, tel que le sucre d'agave, le sucre de coco (qui sont tout aussi mauvais pour la santé) et enlever aussi les édulcorants, qui sont des sucres cachés !

Mais il faut aussi faire attention à tout ce qui est féculents. C'est à dire : pâtes, riz, flageolets, pois chiche, haricots rouge, les pommes de terre, les lentilles, le pain et j'en passe !

 

Il faut qu'à chaque repas, je pèse mes féculents (pas plus de 150g). Pour vous donner une idée, 150g correpond à environ 5 cuillères à soupe. Que je complète ensuite par des légumes (surtout verts) à volonté. (Merci du cadeau)

Je n'ai pas le droit à tous les légumes cuits non plus, non ce serait trop simple. Pas de carotte, pas de courge, pas de potimarron, pas de citrouille.

Faire très attention à tous les aliments qui sont faits à base de farine. En fait, oublier tous les aliments qui sont faits à base de farine blanche, et préférer les farines complètes, voir encore mieux : les farines intégrales !

 

Ah oui, j'oubliais aussi de vous parler des matières grasses qu'il faut limiter.

J'ai le droit d'utiliser une à deux cuillères à soupe d'huile d'olive par repas. Comprenez avec ça, qu'avec mes deux cuillères, je dois faire mes assaisonnements et faire revenir ma viande ou mes légumes. Vous l'aurez compris qu'on ne va pas loin...

Mais qu'ai-je le droit de manger ?

 

Pour vous donner une idée de repas sur une journée :

 

Le matin :

Une tasse de lait sans sucre avec 2 biscottes, attention pas n'importe lesquelles ! dans les biscottes industrielles il y a du sucre et même du miel ajoutées ! (ou 30g de pain complet, voir intégral, soit une petite tranche) avec un peu de beurre.

 

Le midi et le soir :

Salade vinaigrette

viande (les 3/4 du temps cuite à l'eau), légumes verts et des féculents (pas plus de 150g)

30g de fromage 

1 fruit

 

La cerise sur le gâteau ?

 

Je dois faire mes dextro 6 fois par jour. Me piquer avant et deux heures après chaque repas.

Avant chaque repas, mon taux doit être inférieur à 0,95, après chaque repas, pas au-dessus de 1,20.

Les repas sont devenus un calvaire.

Attention, comme je l'ai dit, je fais cet article pour vous montrer mon point de vue. Peut être que certaines personnes acceptent plus facilement que d'autres ces contraintes. Ce qui n'est pas mon cas.

 

Le manque de sucre rapide joue énormément sur mon moral, et les premiers temps je finissais toujours par pleurer devant mon assiette.

Je suis énervée, agacée, pas agréable à vivre (bravo à mon entourage qui arrive à me supporter), je n'ai plus de patience pour rien.

Le sucre rapide est une drogue, si, si. On m'a même dit qu'enlever du sucre, revenait à enlever de la cocaïne à un drogué.

Essayez sur une semaine, et on en reparlera.

 

Lorsqu'on est invité, j'ai limite envie de pleurer devant tous les aliments que je n'ai pas le droit de manger (et il y en a beaucoup !)

Voir du monde me fait du bien mais dès qu'il s'agit de manger c'est une autre histoire.

 

Je prends ça comme une punition, j'ai l'impression que mon corps me punit pour une chose que je ne maîtrise pas. Je me sens privée de tout.

Un Noël sans gras ni gâteaux, une épiphanie sans galette des rois, une chandeleur sans crêpe, un anniversaire sans gâteau.

On parle souvent d'envie de grossesse. A ce stade là j'ai juste envie de manger comme tout le monde. Ne serait-ce qu'un plat de pâtes avec du beurre, ou des frites.

 

Ce n'est vraiment pas simple, mais jusqu'à maintenant, je n'ai JAMAIS craqué. Et je suis plutôt fière de moi. 

 

L'avantage dans tout ça ?

  • Je mange encore plus équilibré qu'avant, et pourtant on faisait attention.
  • Je n'ai pris en tout et pour tout QUE 3 kilos, à presque 8 mois de grossesse. "ah c'est chouette, tu n'auras pas beaucoup à perdre après la naissance". Mouais, ce genre de commentaire, je m'en passerai.

Quand je me regarde dans un miroir je me fais peur. Parce que je ne reconnais plus mon corps. Je suis une personne d'assez fine de corpulence de base. Maintenant, même enceinte, je me trouve maigre.

Mes joues sont creusées, je n'ai plus du tout de fesses, ni de cuisses, on voit les os de mes côtes et toutes les vertèbres de ma colonnes vertébrales.

Je fais peur à voir, je vous jure.

 

  • Je passe BEAUCOUP plus de temps en cuisine (presque 2 heures par jour). C'est à double tranchant. Soit je passe du temps en cuisine et le résultat est plutôt pas mal, comme cette recette-ci :

 

Ou je peux tout aussi bien passer du temps en cuisine pour un résultat complètement immangeable.

 

  • L'un des derniers gros avantage que j'ai trouvé : c'est que je n'ai pas besoin de me piquer à l'insuline et que pour l'instant, ce régime à l'air de me convenir.
  • Les magasins bio sont devenus nos meilleurs amis (merci pour notre porte feuille !)

Essayez de trouver de aliments sans sucre ajouté et devenu notre combat, parce qu'il y a du sucre ajouté PARTOUT !

Dans du jambon blanc, dans des légumes surgelés, dans des biscottes...

L'appréhension que j'ai maintenant, c'est que j'espère que mon diabète disparaîtra après la naissance de Choupette, et surtout, j'espère que ce diabète n'aura pas eu d'incident sur elle.

 

Vous me direz "allez tu tiens le bon bout, plus que quelques semaines à tenir".

Oui mais quand on le vit au quotidien, c'est pesant.

 

En grosse maso, j'ai compté le nombre fois où je me suis piquée : environ 330 fois depuis le 19 décembre.

 

Bref, tout cela pour dire que ce n'est pas facile tous les jours, et que j'ai hâte que cela se termine. Certaines femmes se sentent épanouies pendant leur grossesse, vous l'aurez compris que ce n'est pas mon cas.

 

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Maman (lundi, 11 février 2019 15:44)

    Courage ma grande, c'est pour la bonne cause.Bisous.

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